Les bienfaits de l'art-thérapie au travail : adaptation et innovation
Dans une salle de pause d’un hôpital londonien, une infirmière enlève son badge avec ce geste fatigué qu’on fait quand on n’a plus de réserve. Devant elle : une feuille, des feutres, du silence. Elle prend le noir et trace une spirale serrée, nerveuse, presque en colère. À côté, un aide-soignant dessine une porte fermée. Une médecin, elle, remplit patiemment un petit carré bleu. Rien d’extraordinaire, et pourtant tout change : dans cet espace minuscule, le monde de la performance s’arrête. Pendant quelques minutes, personne n’a à prouver quoi que ce soit.
Ce qui se passe ici n’est pas « un atelier créatif pour se détendre ». C’est de l’art-thérapie en milieu de travail. Une pratique encore peu fréquente, mais qui commence à trouver une place là où le stress chronique et l’épuisement rendent la vie professionnelle étroite, lourde, parfois invivable. Pas pour rendre les gens « plus créatifs » ou « plus productifs ». Plutôt parce qu’à force d’exiger que tout tienne, il faut bien offrir un endroit où quelque chose peut se déposer.
Bien sûr, l’art-thérapie ne réparera pas un manque d’effectifs, ni une gestion défaillante, ni une culture organisationnelle qui use. Elle ne remplace ni les décisions structurelles ni les politiques de prévention sérieuses. Mais elle peut contribuer autrement : en offrant un cadre de régulation, de symbolisation et de lien, particulièrement pertinent dans des milieux où l’humain donne beaucoup (soins, enseignement, intervention, aide, relation).

L’art-thérapie n’est pas un loisir
Il vaut la peine de le dire clairement, parce que c’est souvent là que la confusion commence : l’art-thérapie n’est pas une animation, ni une activité de mieux-être « sympathique », ni une pause créative qu’on glisse dans un calendrier RH. Selon l’American Art Therapy Association (AATA), l’art-thérapie est une profession de la santé mentale, qui s’appuie sur la création artistique, le processus créatif et la théorie psychologique appliquée, au sein d’une relation thérapeutique. Elle implique un cadre, une éthique, et la présence d’un-e art-thérapeute formé-e.
Dans la littérature, on parle d’interventions fondées sur des méthodes d’art-thérapie (art-therapy based interventions), souvent en groupe, visant notamment la réduction du stress et la prévention de l’épuisement professionnel. Et à l’échelle d’une organisation, prévenir coûte presque toujours moins cher que gérer l’absentéisme, les arrêts maladie, le roulement de personnel et les effets domino sur les équipes.

Un atelier de peinture animé par un artiste peut être agréable, nourrissant, même utile. Une activité de team-building peut renforcer la cohésion et donner de l’élan. Mais ce n’est pas la même chose. En art-thérapie, il y a une compétence clinique : tenir un cadre sécuritaire, accompagner ce qui émerge, protéger la confidentialité, accueillir les images sans les juger, et soutenir les personnes sans les forcer à se dévoiler. Ce n’est pas « faire dessiner » ; c’est accompagner un processus.
Cette distinction est cruciale en entreprise, parce que la créativité est facilement récupérée : on la transforme en outil de performance, en stratégie de motivation, ou en divertissement superficiel. Or l’art-thérapie n’est pas là pour faire « du bien vite » pendant trente minutes, puis repartir comme avant. C’est un espace de non-évaluation où l’humain redevient sujet : un lieu où l’on peut créer sans réussir, sans convaincre, sans séduire, même quand on porte une blouse, un uniforme ou un titre.

Adapter le soin au contexte organisationnel
Transposer l’art-thérapie en contexte de travail demande de l’ajustement, et surtout de la clarté. Le format, d’abord : en entreprise, les interventions sont généralement plus brèves. Souvent une heure, parfois 45 à 90 minutes. Et paradoxalement, les personnes les plus surchargées — celles qui auraient le plus besoin de souffler — sont aussi celles qui hésitent le plus à prendre ce temps. Les données suggèrent pourtant que des cycles de quelques séances, en petits groupes, peuvent déjà produire des effets positifs.
En milieu professionnel, l’objectif est majoritairement préventif : diminuer le stress, soutenir la cohésion, restaurer un sentiment de sécurité intérieure, renforcer les liens et l’appartenance. Huet et Holttum, au Royaume-Uni, suggèrent par exemple des séances de 45 à 90 minutes, sur 6 à 8 rencontres, avec des groupes de 6 à 10 personnes issues d’un même milieu. Ce type de cadre permet une continuité, sans exiger un engagement impossible.
Ensuite, il y a le « contenant » : confidentialité, régularité, non-jugement, absence d’évaluation, matériel accessible et varié. Papier grand format, pastels, encres, crayons, collage, magazines, éléments simples qui ouvrent des chemins différents. Et surtout : la permission de créer librement. Les thèmes n’ont pas besoin d’être imposés ; ils émergent souvent de ce qui est présent dans le groupe ce jour-là. Fatigue. Isolement. Irritabilité. Culpabilité. Perte de sens. Besoin de ralentir. Ou au contraire, réapparition discrète du plaisir, du jeu, de la couleur.

Chaque séance contient généralement un temps de création, puis un moment de mise en sens qui peut rester léger : un partage bref, toujours consentant, parfois simplement une phrase ou un regard. Il est essentiel d’interdire les « observateurs » : la salle appartient au groupe. Et il n’y a pas d’exposition dans les couloirs après coup. En art-thérapie, l’image n’est pas faite pour être vue par un public ; elle est faite pour servir la personne et le processus.
Enfin, la posture de l’art-thérapeute est déterminante : pas d’interprétation sauvage des images, pas de pression à parler, pas d’ambiance de confession. Les œuvres n’ont pas besoin d’être jolies, finies, « réussies ». On peut créer une forme brute, une tache, un gribouillis, et que cela suffise. L’art-thérapeute accompagne, contient, soutient, et oriente vers un suivi individuel si une souffrance importante apparaît.
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Les bénéfices de l’art-thérapie au travail
Les effets de l’art-thérapie au travail ne reposent pas sur une promesse de « mieux-être instantané ». Ils s’appuient plutôt sur des mécanismes observés et étudiés, notamment dans les recherches anglo-saxonnes, et sur une compréhension fine de ce que l’acte créatif permet quand les mots ne suffisent plus.
- Régulation corps/émotions. Créer mobilise le corps (respiration, posture, gestes, rythme), et donne une place aux émotions sans exiger de les expliquer. On sait notamment que le cortisol, hormone associée au stress, peut diminuer durant une séance d’art-thérapie. Sur la durée, cette régulation change la manière dont le système nerveux encaisse. Une étude sur des activités de Zentangle en milieu de travail rapporte une réduction du stress et de la détresse psychologique chez des soignants.

- Symbolisation par l’image. L’image permet de représenter le vécu autrement que par la parole. Elle crée une distance juste : on peut regarder ce qui est difficile sans s’y noyer, et sans s’exposer frontalement devant ses collègues. L’image devient une médiation : on parle « à partir » d’elle, pas « sur soi » directement. C’est souvent ce détour qui rend l’expression possible.
- Agentivité. L’épuisement s’accompagne fréquemment d’un sentiment d’impuissance : l’impression que rien ne peut bouger. Créer, c’est exercer des micro-choix : choisir une couleur, transformer une forme, effacer, ajouter, recommencer. Ces décisions minuscules réactivent une marge de manœuvre interne, et parfois, par ricochet, une capacité à envisager de petits changements concrets au travail.
- Intelligence émotionnelle et relationnelle. L’expression visuelle peut développer une conscience plus fine de ce qui se passe en soi : émotions, seuils, signaux, besoins. Cette conscience améliore souvent la communication, l’empathie et la collaboration. Pour des équipes bloquées dans des échanges rigides, l’art-thérapie ouvre une autre voie : moins argumentative, plus humaine.
- Créativité (au bon sens du terme). Oui, la créativité est importante en organisation. Mais il faut distinguer une créativité « instrumentalisée » (faire plus, plus vite, autrement) d’une créativité qui aide à mieux vivre et à mieux travailler. En art-thérapie, l’objectif n’est pas de produire des idées rentables, mais de relancer une capacité à voir autrement, à respirer, à inventer du possible là où tout semble figé.
- Bénéfices collectifs. En groupe, le simple fait de créer côte à côte, dans une atmosphère non compétitive, renforce l’appartenance. Les projets partagés, les échanges autour du processus (sans obligation) et la présence calme favorisent la confiance. Et cette confiance est un facteur protecteur puissant contre l’isolement et l’usure.
- Frontières vie pro/vie perso. L’art-thérapie peut aider à sentir ses limites, à reconnaître les signaux de surcharge, et à formuler des besoins plus clairement. Lorsqu’une entreprise s’intéresse au bien-être global, elle a avantage à soutenir des dispositifs qui détectent les premiers stades d’épuisement avant qu’ils ne deviennent des crises.

Trois dispositifs concrets en prévention
Pour rendre les choses tangibles, voici trois exemples d’activités possibles en contexte professionnel, à adapter selon le milieu, la culture d’équipe et le cadre.
Le souffle visible. Les participant-e-s observent leur respiration sans la modifier, puis tracent des lignes continues en suivant le rythme naturel de l’inspire et de l’expire. Le trait devient le reflet d’un souffle : parfois régulier, parfois haché, parfois presque absent. On contemple ensuite les tracés, on remarque les variations, et un partage peut être proposé en fin de séance.
Dialogue en couleurs. Deux collègues se placent face à une grande feuille. L’un commence une forme ; l’autre répond en écho, en contraste ou en continuité, sans paroles. Le but n’est pas « de faire beau », mais de dialoguer par le rythme et la couleur. Cette activité peut dissoudre les hiérarchies habituelles et créer un terrain de jeu relationnel, simple et révélateur.
Cartographie du quotidien. Chacun crée une carte symbolique de son lieu de travail : zones de tension, zones sécures, soutiens, zones d’ombre, endroits où l’on s’épuise, endroits où l’on reprend souffle. On ajoute couleurs, pictogrammes, matières. En groupe, la cartographie peut devenir un support collectif pour regarder les dynamiques sans accuser, et parfois dédramatiser ce qui pèse.
Ces activités n’exigent ni talent artistique ni matériel sophistiqué. Elles demandent surtout un cadre solide, la permission de créer, et une posture d’accompagnement respectueuse.
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Art-thérapie avec les soignants
L’art-thérapie auprès de personnes qui soignent est un champ déjà bien documenté, notamment au Royaume-Uni. Dans certains hôpitaux, des groupes se réunissent sur six séances. On propose par exemple : « Dessinez votre fatigue. Puis dessinez ce qui vous tient encore debout. » Certains restent longtemps sur la première image ; d’autres passent vite à la seconde. Le groupe devient silencieux, concentré. Et au moment du partage, une phrase revient souvent : « Je croyais être seule à me sentir comme ça. »
Une recherche randomisée menée dans des hôpitaux NHS à Londres a inclus 129 professionnel-le-s présentant un risque modéré à sévère de burnout ou de stress. Assigné-e-s à un groupe d’art-thérapie (six séances hebdomadaires), ces participant-e-s ont montré un épuisement émotionnel significativement plus bas que le groupe contrôle, avec des bénéfices maintenus à trois mois (Tjasink et al., 2025). Pour lire l’article de la BBC sur cette recherche, cliquez ici.
Depuis la pandémie, les milieux de santé ne sont plus seulement des lieux où l’on soigne les patient-e-s : ce sont aussi des lieux où l’on tente de soutenir le personnel. Or ces professionnel-le-s sont formés à résoudre, à gérer, à intervenir — moins à métaboliser l’impact émotionnel accumulé, la fatigue de compassion, le deuil cumulatif, l’isolement. Une revue systématique portant sur 27 études menées dans 13 pays (1580 participant-e-s) rapporte des effets bénéfiques sur l’épuisement émotionnel, le stress lié au travail et des symptômes anxieux ou dépressifs, dans des interventions de groupe animées par des art-thérapeutes (Tjasink et al., 2023). Pour lire cet article en anglais, cliquez ici.

Art-thérapie avec des enseignant-e-s
Dans une école américaine, onze enseignant-e-s du primaire participent à un atelier d’art-thérapie centré sur l’épuisement. On leur demande : « Dessinez comment vous vous sentez face à la rentrée. » Les images parlent : fleurs flétries, horloges qui accélèrent, signes de pression et de découragement. La force de l’approche apparaît dans la suite : les participant-e-s contemplent les œuvres des autres, puis créent une réponse visuelle.
Peu à peu, des images de soutien émergent : un arrosoir près d’une fleur affaissée, des mains qui portent, des métaphores de réparation. Le groupe décrit l’atelier comme un espace bienveillant, où les difficultés se déposent sans devoir être « bien dites ». Le feedback visuel, réciproque, crée une solidarité simple : nous vivons des choses semblables, et nous pouvons nous soutenir (Hagemeier, 2018). Pour lire l’article en anglais « can art therapy defuse teacher’s burn-out », cliquez ici.

Adaptation éthique de l’art-thérapie
Si l’art-thérapie entre en entreprise, l’éthique ne peut pas être un détail. Elle protège les participant-e-s, mais elle protège aussi la pratique contre une instrumentalisation.
- Confidentialité. Le groupe doit avoir lieu dans une pièce fermée, sans observateurs, sans évaluateurs, sans circulation externe. Une personne qui se sent observée ne créera pas librement. À la direction, on peut transmettre un retour global et anonyme (par exemple via un formulaire), mais jamais d’éléments identifiants.
- La participation doit être libre, du début à la fin : choisir de venir ou non, de montrer ou non, de partager ou non. Le consentement est un fil continu, pas une formalité initiale.
- Frontières professionnelles. L’art-thérapeute ne pose pas de diagnostic en atelier de groupe au travail. Elle ne « traite » pas des traumatismes dans ce cadre. Elle accompagne une expérience limitée, sécurisée, et oriente vers des ressources appropriées si une souffrance profonde se manifeste (par exemple un programme d’aide aux employé-e-s, ou un suivi externe).
- Dynamiques et conflits. Travailler avec des collègues hiérarchisés, parfois en tension, demande de la finesse. Le cadre doit être tenu fermement. Les échanges restent orientés vers l’expérience créative, pas vers le règlement de comptes. De la supervision professionnelle est précieuse pour soutenir cette posture.
- Exposition des œuvres : L’art-thérapeute devra expliquer l’importance de garde les images créés en séances dans l’intimité du groupe, et pas les transformer en exposition pour l’entreprise. Ce sont des objectifs très différents.

Les pièges à éviter
L’art-thérapie n’a rien d’une solution miracle. Il faut le nommer : si l’entreprise attend de l’art-thérapie qu’elle « répare » les conséquences de mauvaises conditions de travail, on tombe dans l’instrumentalisation. L’art-thérapie peut soutenir, réguler, créer du lien, réduire le stress, ouvrir un espace d’expression. Elle ne peut pas compenser un système qui épuise ses employés dès le départ.
Elle ne peut modifier le fait que les gens travaillent trop. Les solutions de fond, une culture managériale à l’écoute, des mesures structurelles cohérentes sont toujours les plus importantes à mettre en place. Mais l’art-thérapie peut aider les personnes à remettre en circulation quelque chose d’essentiel : l’expression, la symbolisation, l’imagination et le droit de jouer. Elle peut redonner accès à un rythme plus lent, à une créativité vivante, à une forme de présence.
Valoriser l’humain, le droit de créer sans produire, le droit de se déposer, ce n’est pas anodin. C’est parfois le début d’une culture d’entreprise plus résiliente, pas « en faisant plus », mais en permettant de créer autrement.

Conclusion
Si l’art-thérapie s’invite dans les milieux de travail, les entreprises et les institutions doivent aussi apprendre à la recevoir. À respecter son cadre de non-évaluation. À ne pas la réduire à un loisir. À accepter que la créativité ne soit pas un outil de mesure, mais un langage humain.
L’art-thérapie a un potentiel réel dans les secteurs où l’on prend soin des autres, et où l’on s’épuise souvent en silence : expression, communication, diminution du stress, atténuation de la fatigue de compassion, cohésion d’équipe, relance de la créativité. Les recherches continuent de se développer et devront encore se standardiser : davantage d’essais contrôlés, de réflexion éthique, et de formations spécifiques adaptées au contexte du travail.
Quand une infirmière épuisée pose son badge et choisit un feutre noir, elle ne fait pas « juste dessiner ». Elle trouve un endroit où exprimer ce qui pèse, sans devoir en parler longuement. Elle voit une forme apparaître et cela lui donne de l’espoir et un peu d’énergie pour continuer. C’est aussi cela, le pouvoir discret de l’art-thérapie.
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Références
American Art Therapy Association. (2017). Ethical principles for art therapists. https://arttherapy.org/
American Art Therapy Association. (2017). Definition of art-therapy. Retrieved from: https://arttherapy.org/about-art-therapy/
Hagemeier, C. (2018, 31 mai). Can art therapy defuse teacher burnout? GW Today, The George Washington University. Extrait de : https://columbian.gwu.edu/can-art-therapy-defuse-teacher-burnout
Hsu, M. F., Wang, C., Tzou, S. J., Pan, T. C., & Tang, P. L. (2021). Effects of Zentangle art workplace health promotion activities on rural healthcare workers: A quasi-experimental pilot study. Public Health, 196, 217-222. https://doi.org/10.1016/j.puhe.2021.05.033
Huet, V., & Holttum, S. (2016). Art therapy-based groups for work-related stress with staff in health and social care: An exploratory study. SAGE Open.
Nainis, N. A. (2005). Art therapy with an oncology care team. Art Therapy: Journal of the American Art Therapy Association, 22(3), 150--154.
Tjasink, M., Keiller, E., Stephens, M., Carr, C. E., & Priebe, S. (2023). Art therapy-based interventions to address burnout and psychosocial distress in healthcare workers: A systematic review. BMC Health Services Research, 23, 1059. https://doi.org/10.1186/s12913-023-09958-8
Tjasink, M., Carr, C. E., Bassett, P., Soosaipillai, G., Ougrin, D., & Priebe, S. (2025). Art therapy to reduce burnout and mental distress in healthcare professionals in acute hospitals: A randomised controlled trial. BMJ Public Health, 3(2), e002251. https://doi.org/10.1136/bmjph-2024-002251
Torres, K. A., et al. (2023). Creative arts intervention to reduce burnout in healthcare professionals. The Arts in Psychotherapy, 83, 102021.